Revue Réseaux
Rencontres matrimoniales dans les communautés tchétchènes et ingouches en Europe, reconnexion diasporique différée des juifs russophones en France, pratiques conjugales et parentales transnationales des retraités de l’Afrique de l’Ouest, accès aux droits de complément de retraite en France, construction virtuelle du soi par de jeunes yézidis irakiens afin d’accéder aux programmes de migration aux États-Unis, ou encore travail des livreurs de repas sans-papiers à Paris offrent, dans ce dossier de Réseaux, des regards originaux sur les usages numériques avant, pendant et après la migration et l’installation. Grâce à des enquêtes aux méthodes variées et à des approches interdisciplinaires attentives à la consubstantialité des rapports sociaux, ce numéro explore comment les outils numériques tissent et reconfigurent les liens affectifs, qu’ils soient familiaux, communautaires ou nationaux, tant réels qu’imaginés, en contexte de mobilité.
Trois axes transversaux – les rapports d’âge et de génération, l’accès ou non-accès aux droits, et les normes sociales, familiales et digitales – contribuent à la littérature existante qui relie migration et numérique. L’apport de ce numéro tient à l’analyse des outils numériques qui se révèlent être une entrée empirique et un outil heuristique pertinents, en ce sens qu’elles permettent de mesurer les conséquences des politiques publiques comme politiques de l’appartenance - qui définissent les frontières de l’inclusion et ainsi les appartenances, dans un environnement technologique et politique en rapide transformation.