Sameh DELLAÏ

À propos :

Mon approche philosophique vise à repenser la notion d’éducation à l’aune des tensions entre normativité et émancipation. Loin d’être une simple transmission de savoirs ou une institution formelle, l’éducation est envisagée comme un fait éducatif : une réalité issue de la pratique, inscrite dans des rapports sociaux, culturels, historiques et politiques complexes. En mobilisant conjointement les apports de la philosophie de l’éducation et de la philosophie politique, j’explore les conditions historiques et conceptuelles d’une éducation émancipatrice.

Cette perspective constitue un point nodal de ma réflexion : elle permet d’appréhender l’éducation non comme l’application de principes abstraits, mais comme une pratique située, orientée vers la transformation des rapports éducatifs. En mettant en lumière les divergences conceptuelles entre différentes penseuses et différents penseurs, mes recherches articulent philosophie critique et théorie de l’éducation dans une perspective transversale.

Je m’attache à dépasser le clivage entre l’école et la société, à questionner les présupposés des savoirs transmis et à concevoir l’éducation comme une forme de connaissance à visée émancipatrice. Cette posture critique s’appuie sur une lecture croisée de textes philosophiques et sur l’analyse de pratiques pédagogiques, en lien avec les formes scolaires, les formes culturelles et les conceptions de la subjectivité et du savoir.

Mes travaux actuels prolongent cette orientation en interrogeant les fondements théoriques de la connaissance éducative. Lorsqu’elle repose sur des principes abstraits, celle-ci tend à dissocier le savoir de la vie réelle des individus et à imposer des formes de domination, qu’elles soient symboliques ou pédagogiques. L’éducation ne saurait dès lors être pensée sans un effort de contextualisation : elle implique une réflexion sur les modalités concrètes de production du savoir et sur les subjectivités qu’elle façonne, soutient ou inhibe.

Cette réflexion s’articule étroitement à mes observations de terrain, dans un souci constant de dialectiser expérience et concept, pratique et théorie. Mon objectif est de dépasser l’opposition entre le formel, l’informel et le non formel en éducation afin de concevoir celle-ci comme un acte de culture, porteur d’émancipation face aux modèles de domination, qu’ils soient politiques, sociaux, culturels ou épistémologiques.

Il s’agit, en ce sens, de remettre en question l’idée d’une méthode pédagogique unique et prétendument neutre. Penser l’éducation comme une forme de connaissance, et non comme un simple vecteur de transmission, permet d’en révéler la puissance transformatrice ainsi que les enjeux éducatifs fondamentaux.

Responsabilités :

Maîtresse de conférences en Sciences de l’éducation et de la formation / Philosophie de l’éducation (Section 17 :70), Université de Mayotte

Direction, coordination, entretiens et préface du numéro 15 des Cahiers critiques de philosophie, Editions Hermann, Paris, janvier 2016. Titre du numéro : Daniel Bensaïd, le militant philosophe.

www.editions-hermann.fr/4815-cahiers-critiques-de-philosophie-n15.html

Membre du Laboratoire ICARE, Institut Coopératif Austral de Recherche en Éducation – Université de la Réunion

 

Thème(s) de recherche :

- Philosophie politique et philosophie de l’éducation

- Éducation et émancipation

- Pratiques pédagogiques et politiques éducatives

- Discussion à visée philosophique avec les enfants, à partir de la littérature de jeunesse contextualisée

Principales publications et communications :

Ouvrage :

Marx, critique de Feuerbach, ouvrage publié aux éditions L’Harmattan, collection Philosophie en commun, Paris, Novembre 2011, 678 pages.

Chapitres dans un ouvrage scientifique (avec comité de lecture) :

- Prolégomènes philosophiques à l’étude de l’autorité : approche notionnelle. Titre de l’ouvrage collectif : Enjoindre, recommander, conseiller aux États-Unis (XIXe-XXe siècles) : genre, race, classe est quasiment, paru en octobre 2025.

- Décrochage intra-scolaire : facteurs endogènes et pistes de remédiation. Titre de l’ouvrage collectif intitulé : Accompagner et prévenir le décrochage scolaire. Editions Le Bord de l’Eau, Paris, 2023, 288 pages.

- Du décrochage scolaire à la délinquance juvénile : l’école néolibérale et ses échecs – Livre collectif – Editions Série : Savoir sans Frontières, 2024.

 

 

Essais et articles les plus récents avec comité de lecture

- De la culture livresque et de la leçon de choses : quelques réflexions avec Montaigne–publication en cours - Le Télémaque.

- La question pédagogique selon Paulo Freire : une critique qui dépasse les murs de l’école, publication en cours dans la revue l’Année de la Recherche en Sciences de l’Éducation (ARSE), Dossier thématique : « Militantisme pédagogique et éducation au politique ».

- La notion de crise chez Arendt : approche critique et perspectives éducatives, publication en cours dans le prochain numéro de la revue Penser l’éducation, intitulé : « Crise(s) en éducation et en formation dans un monde globalisé ». A paraître juin 2025 (N°56).

- Anthropologie des sentiments et des désirs chez Montaigne : enjeux éducatifs. publié dans le numéro 68 de la Revue Pratiques de formation/Analyses, intitulé : « L’éducation sentimentale tout au long de la vie ». Paru en octobre 2024.

- Réflexion autour de la « détresse de la logique historique » : l’histoire entre nécessité et contingence, essai publié dans la revue Cahiers critiques de philosophie, Numéro 17, Editions Hermann, Paris, février 2017. Titre du numéro : Jacques Rancière : Gestes philosophiques, p-p 7-26.

- Décrochage et déviance scolaires : approches critiques – publication internationale dans la revue brésilienne des Sciences de l’éducation : Revista Contemporânea de Educação

https://revistas.ufrj.br/index.php/rce/index

- Discordance et discordances des temps – publication internationale dans la Revue brésilienne Século XXI : Revista de Ciências Sociais – paru 2020 en octobre 2020, dans le dossier « La discordance des temps : Daniel Bensaïd et la critique sociale contemporaine », VOL. 10, Nº 1, p.p 79 – 102.

DOI : http://dx.doi.org/10.5902/2236672538815